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Mer des Caraïbes

Autour de la Mer des Caraïbes, ça bosse... Mais il fait chaud, le rythme est ralenti... Vivre tout en travaillant semble être la devise des habitants. Le travail fait partie de la vie, s’en dissocie moins que chez nous. Là-bas, on trime tout le temps mais personne ne se soucie de l’efficacité. On a toute la journée pour œuvrer, pourquoi alors se hâter ? Le temps libre et celui du travail se mêlent, s’associent. On regarde d'un œil curieux le touriste oisif. Le « compte épargne temps » n’existe pas, on ne part pas souvent en vacances…

Amérique Centrale et Cuba, hiver 2016

Mer des Caraïbes

Michele

Agriculteur depuis toujours.

Esteli, Nicaragua

J'ai rencontré Michele devant chez lui, alors qu'il vendait des bananes de sa production.

Il possède une ferme, en dehors de la ville, qu'il exploite en famille. Avec l'aide de sa femme et de deux de ses fils, ils cultivent diverses variétés de bananes dont ces petites mazanas (ici, sur la photo) et, bien-sûr, les très populaires platanas (bananes plantain), ainsi que du café.

Afin d'écouler les stocks, il vend ici, sur le seuil de sa maison, en ville :

« Les gens passent, ils m'appellent, je sors, je vends... Ici, à Esteli, ça va, c'est tranquille... Mais dans les grandes villes, c'est de l'arnaque, de la violence, du n'importe quoi... »

Mer des Caraïbes

José

Guide depuis 20 ans.

Parc National El Impossible, Salvador

José est guide dans le Parc National « El Impossible ». Deux à trois fois par semaine, il y fait découvrir aux touristes de passage, désireux de connaître cette nature sauvage, les montagnes, la faune, la flore... Le reste du temps, il s'occupe de son exploitation de café, parfois avec l'aide de ses trois enfants :

« Les enfants sont obligés de nous aider un peu, mais la plupart de temps ils étudient ou ils s’amusent. Ici, au parc, il n’y a pas beaucoup de touristes, et comme nous sommes plusieurs guides nous nous relayons. Je ramasse toujours les déchets laissés par les visiteurs : dans ce pays il n’y a malheureusement pas de conscience écologique... »

Mer des Caraïbes

Elsa, 65 ans

Depuis 40 ans, elle prépare et vend des empanadas* devant sa maison.

Juayua, Salvador

C'est en achetant des empanadas que j'ai rencontré Elsa. A maintenant 65 ans, cela fait 40 années qu'elle vend devant chez elle ces chaussons fourrés, si typiques de la cuisine traditionnelle espagnole et que l'on retrouve partout en Amérique latine :

« C’est mon petit stand à moi, juste devant ma maison, tu vois ? Ça fait 40 ans que je fais des empanadas et ceux au lait, il n’y a que moi qui les fais ! C’est ici que je vis et vends de 13h à 18h tous les jours. Depuis 8 ans je vis seule, mon époux est mort... Mon fils s’est trouvé une femme et il est parti... »

*chaussons fourrés

J’ai particulièrement apprécié ceux fourrés au lait concentré et roulés dans le sucre.

Mer des Caraïbes

Kimberly

Prêtresse depuis 20 ans.

Belize City, Belize

En visitant une église de l'ancienne capitale de cette petite monarchie constitutionnelle qu'est Belize, j'ai eu l'occasion de rencontrer Kimberly qui fut ravie de poser pour une photo devant l'autel de ce lieu baigné de lumière, au contraire de nos vieux édifices sombres et froids :

« A Belize City, notre église anglicane dénombre 400 paroissiens. Nous célébrons deux messes chaque dimanche. Maintenant, c'est un peu la basse saison après les Pâques... Et oui, ici, une femme peut-être prêtre tout autant qu'un homme ! »

Mer des Caraïbes

Caridad, 79 ans

Figurante depuis 15 ans.

Havana, Cuba

En me promenant dans les rue de La Havane, j'ai remarqué Caridad qui se faisait prendre en photos par des touristes. Trouvant la scène cocasse, je dégaine mon appareil pour prendre quelques clichés. C'est alors que la vieille dame m'informe que les photos sont payantes : en effet, Caridad est de ces femmes vêtues de manière locale et traditionnelle, arborant un cigare entre leurs dents, qui proposent aux touristes une photo souvenir contre un peu d'argent. Ce sont les figurantes de La Havane:

« J’ai 79 ans. Ça fait 15 ans que je suis à la retraite et que je fais ça. Je demande 20 pesos nationales ou 1 peso convertible* pour une session de photos. Je peux aussi prédire le futur. Mais je ne peux pas le faire dans la rue car j’ai besoin d’un toit, sinon mes pensées s’envolent. Si tu ne payes pas habituellement tes portraits, alors fait moi un cadeau. Et si tu n’as rien à offrir, fait moi un bisou. »

*environ 1 euro

Mer des Caraïbes

Alejandro

Salva vida (sauveteur).

Playa Hibacoa, Cuba

Alejandro est un jeune homme sympathique qui passe ses journées à la plage. Il s'est débrouillé pour obtenir ce poste de maître-nageur sauveteur, un job d’État mal rémunéré. Mais pour lui, c'est bien plus que ça :

« J’aime beaucoup mon travail. Je suis toute la journée à la plage, avec mes amis. Comme tous les boulots d’État, celui-ci est payé une misère : Je gagne environ 20 euros par mois. Néanmoins, il me donne accès aux touristes qui sont la principale source de revenus pour les Cubains. Avec mon ami Amauro, nous vendons des noix de coco aux plagistes, mais je gagne beaucoup plus d'argent en faisant des tatouages éphémères pendant la haute saison, de juin à septembre. Parfois je gagne jusqu'à deux mille euros rien qu’en juillet et ceci me permet de vivre tranquillement le reste de l’année. J’ai une fille, c’est toute ma vie. Avec sa mère, nous sommes séparés mais nous entendons très bien. J’aime bien jouer avec mon « trésor ». Mais je n'ai jamais changé sa couche, c'est un truc de femmes. »

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Leonardo

Artiste de rue

Cienfuegos, Cuba

Leonardo est un artiste qui a vécu plusieurs vies avant de trouver sa voie. Ce qui l'a rendu un peu philosophe :

« Je suis un artiste de la rue et la rue c’est l’art. Tu notes bien tous ce que je dis, hein ? J’ai fait la guerre d’Angola*... Même aujourd’hui, après toutes ces années, je me repens beaucoup d’avoir tué toutes ces personnes… J’ai travaillé ensuite dans une usine de caoutchouc. C’était de l’esclavage... J’ai réparé des ponts, construit des maisons... Maintenant je suis bien. Si tu es heureux tu dois être simple. S’habiller en costume cravate contient un part de tristesse. Moi, je suis toujours pieds nus. »

*La guerre civile portugaise est un conflit important qui frappe l'Angola entre 1975, date de l'indépendance du pays, et 2002. La guerre débute immédiatement après l'indépendance obtenue du Portugal. Avant cette date, l'Angola a déjà connu une guerre de décolonisation entre 1961 et 1974. La guerre civile qui s'ensuit est principalement une lutte entre les deux principaux mouvements de libération que le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola). Dans le même temps, cette guerre devient un champ de bataille de substitution dans le cadre de la guerre froide, un conflit de plus grande envergure qui oppose un bloc dirigé par les États-Unis et le bloc communiste mené par l'URSS, représenté sur le terrain par Cuba. (Réf. Wikipédia.fr)

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Sergio

Serveur depuis 1 an.

Punta Gorda, Cuba

Sergio est un jeune homme heureux. Il a une petite famille et un bon emploi dans un cadre agréable :

« J’ai commencé ce travail il y a seulement un an, mais mon collègue Yelmen bosse dans ce bar depuis vingt ans déjà. Nous arrivons vers 8 heures pour tout mettre en place. Les premiers clients n’arrivent pas avant 10 heures. Parfois ils prennent déjà des cocktails. Je finis à 22 heures mais j’ai plusieurs pauses. Je suis marié, j’ai une fille. Je suis content de cet emploi. Le cadre est beau, les clients sont pour la plupart étrangers et j’aime bien discuter avec eux. »

Mer des Caraïbes

Pepe

Photographe/portraitiste de rue depuis les années 80.

Havana, Cuba

Pepe passe ses journées dans les rues de La Havane en compagnie de sa fidèle « boite à images ». Il prend en photo les touristes, attirés par son appareil ancien. Bien-sûr cela ne suffit pas et pour hameçonner les clients potentiels il faut donner de sa personne. Pour ça, Pepe peut compter sur sa verve et son sourire :

« Cet appareil photo appartenait à mon grand-père. Il a plus de 115 ans ! Je suis souvent ici, en plein cœur de Havana vieja. Il y a toujours des touristes ici et mon appareil est une excellente publicité car il attire l’œil et la curiosité. Tu veux que je te fasse une photo ? »

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